jeudi 30 août 2007

…et je descends la rue d’une humeur en adéquation avec les couleurs du ciel, un dégradé de gris divers revêches et troubles. Les yeux dans le bitume noir clairsemé des jaunes et oranges ternes des fleurs tombées des arbres au garde-à-vous, espacés de quelques mètres les uns des autres. Les arbres à la parade comme un alignement à la rigueur toute militaire de cannettes de bière et les pieds glissent touchent à peine le sol ; je rentre. L’expression laisse un goût de métal dans la bouche. Je rentre. De l’autre côté se fait un attroupement. Les véhicules rouges et bleus aux gyrophares tournoyants déchirent la nuit, les ombres tremblent et ne savent plus très bien sur quel mur il faudrait tout à fait s’écraser et les hommes aux couleurs des voitures s’affairent autour de quelque chose au sol dont un liquide sombre coule jusque dans le caniveau, macule les serpillières laissées là par les éboueurs. Je regarde le pont, j’estime la distance le pont la hauteur du sol au pont correspond à quelques étages, moins de cinq, la chose au sol était un être vivant, il n’est qu’un amas de chair et d’os démantibulés maintenant et je pense au roman, aux corps disloqués incarcérés dans les tôles froissées. J’allume une cigarette, une autre, une Winston for winners, peut-être que j’ai peur. Peut-être que j’ai peur et déboulent vite les souvenirs de lectures, je me raccroche aux branches, ferme ma bouche et joue avec la commissure droite de mes lèvres, l’incline vers le bas vers le sol. Peut-être j’ai peur parce que tout n’est pas égal et indifférent et les raisons de s’écraser sur le sol sont trop nombreuses pour céder à ça. Les véhicules et les hommes rubiconds et bleus dépassés, j’entends les bruits du brancard dans lequel il s’installe les restes de ce corps tombé du pont, ai un haut-le-cœur et tourne vite à droite jusqu’au comptoir. On a les réflexes que l’on peut, blanc, oui, un blanc. Non, un whiskey, double, sans glace mais dans un verre froid si possible, merci.

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