[...]
Il dit :
Let’s play some expensive jazz.
Il dit ça.
L’homme est noir, grand ; très gros aussi. Il est assis derrière la batterie et il regarde la saxophoniste. L’homme noir, il sourit. L’homme noir il sourit à la jeune saxophoniste.
La jeune saxophoniste est petite, blanche ; très mince aussi.
Il dit ça :
Let’s play some expensive jazz.
Il dit ça.
Et la jeune saxophoniste
esquisse
un sourire. Elle se tient debout.
Elle.
Elle est calée sur ses deux jambes.
Elle est droite.
Ses deux pieds sont écartés l’un de l’autre ; elle est en prise avec le sol la jeune saxophoniste.
Ses chaussures sont noires et fines.
Les chaussures noires de la jeune saxophoniste sont très fines et dans ses deux pieds elle ressent les vibrations émises par la musique.
Celles de l’homme noir face à la batterie.
Celles de l’homme blanc derrière elle assis sur un haut tabouret une contrebasse entre les jambes.
Celles de l’homme blanc à droite et de dos dont les doigts enfoncent des touches blanches et noires elles actionnent les marteaux des cordes du piano.
L’homme blanc à droite frappe les touches en ivoire noires et blanches et il se contorsionne sur le banc posté devant le bloc droit et marron : le piano. L’homme blanc à droite et de dos face au piano et l’autre homme blanc derrière assis sur le haut tabouret la contrebasse entre les jambes ils n’entendent pas l’homme noir et gros derrière la batterie dire ça :
[...]

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