lundi 21 juillet 2008

Il n’est plus question de. Rien. Ni même. Les verres cessent de s’entrechoquer et à certaines heures chacun boit seul et sans soif. Jusque. L’écroulement des esprits précèdent ceux des corps. Fatigués et les gestes lents ; imprécis. Le couperet danse en suspens. Le métal ciselé triangulaire brille et ombre beau sur nos visages défraichis. Plus tard. Les bouches veules vomissent une mélasse inaudible et informe. Personne n’écoute. Chacun avachi sur son siège ou à même le sol et ne tient plus compte que du verre. Son verre. Sa cannette de bière. Le vin se répand avec une ferveur égale dans les gorges et sur le sol parqueté. Le cendrier dégueule ses cendres et mégots et une main maladroite ne parvient pas à écraser une nouvelle cigarette. Quelqu'un tousse. Gras. Se lève et crache par la fenêtre. Ouverte sur la rue bruyante mais calme. De l'autre côté de la rue, avec la destruction de l'immeuble disparaissait aussi le banc vert autour duquel un groupe d'hommes passait leurs nuits. Ils buvaient là un mauvais vin, écoutaient de vieux morceaux de Ska mais aucun d'entre eux n'arboraient d'insignes Trojan. Ils beuglaient. De notre côté de l'immeuble nous étions très marioles mais quand de son radio-cassettes numérique émergeait les premières notes d'un morceau d'OTH nous hurlions à notre tour et pas vraiment fier de. Tandis que sur des charbons de moins en mois ardents nous. Et ils. A peine les poings se dressaient fermés forts, les bras tendus se souhaitaient révoltés ou révolutionnaires. Ils étaient mous. Nous étions saouls. Les quelques sourires échangés torves et les yeux dans le vague. Personne n'y croyait vraiment depuis longtemps ; quand le mode aléatoire mit en branle un morceau de Cansei de Ser Sexy les visages étaient soulagés.

Aucun commentaire: