vendredi 12 septembre 2008
Je suis tellement content pour vous.
Cela me fait plaisir pour vous.
Autre phrase.
Carambolages de mots divers écrasés contre la barrière de sécurité enfoncée.
Tôles froissées dans un silence d’acier.
Flashs colorés de secours invisibles.
Sirènes superbes et sourires carnassiers.
En fait, tu me fais rire.
jeudi 11 septembre 2008
mardi 2 septembre 2008
mercredi 27 août 2008
Article 1
Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité.
Article 2
Chaque légionnaire est ton frère d'arme quelle que soit sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d'une même famille.
Article 3
Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus.
Article 4
Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net.
Article 5
Soldat d'élite, tu t'entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique.
Article 6
La mission est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout et si besoin, en opérations, au péril de ta vie.
Article 7
Au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n'abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes.
vendredi 22 août 2008
mardi 19 août 2008
un certain jour la douleur
[...]
déjà disloqué
(11:32)
Le beau miroir noir sans reflet ni train.
Une cigarette à l’extérieur et je n’écoute pas tout à fait les paroles prononcées. Ni les autres. Le courriel demande pourquoi un point d’interrogation. Le courrier dit : Pourquoi ça, ?
Et bien
(13:00)
¿ Vamos a comer ? Mais ne parlons pas.
Le café n’est pas bon. Une amande enrobée de chocolat dans la poche. Le café est 1,80 €. Le café est cher.
(14:34) En Chine. République populaire de. Et la propagande afférente. Aucune nouvelle du Tigre vert depuis plus d’une année maintenant. Ni des uns ni des autres. (15:47) Une cigarette et
Depuis quelques jours les choses se précisent sacrément. Je crois que c’est parti. Presque. Chouette, il faudra à nouveau être debout à 05:30 le matin. Avec un café et la fin de la nuit dans la fenêtre. Un bonheur bête. N’est-ce pas.
lundi 18 août 2008
jeudi 14 août 2008
Les nuages gris et blancs de formes différentes traversent le ciel de part en part et dans tous les sens. Les arbres qui bordent la butte de la voie de chemin de fer ploient dans un sens et se déplient de l'autre ; ils perdent des feuilles, elles virevoltent sur le sol au macadam déchiqueté.
(17:43) La lumière devient sombre.
Lire les dictionnaires est une activité dans laquelle il est agréable de se noyer.
Désormais, on parlera d'Antoine plus que de Mathilde.
mercredi 13 août 2008
mercredi 30 juillet 2008
C’est
Par terre tout à fait
Les partie de ping-pong – 21-19, 25-23 ; 19-21, 21-18, 21-19 – dans le square habituel
et
il n’est pas besoin de parler
Quelques jolis coups
et
aucun
de nous ne roulait sous la table
ni
n’écrasait sa raquette sur la tête
de
l’un
ou
l’autre
des enfants
Les insensés vivent sans jouir de ce qu’offre la vie
Perforer un corps avec le tube d’un néon
n’est pas
un rêve récurrent
Serait de faire autrement
Parfois
lundi 28 juillet 2008
dimanche 27 juillet 2008
Hélène Bessette dit : « Et je trouve qu’il y a deux sortes de littérature : il y a la littérature-littérature, et la littérature-lecture. Il me semble qu’une littérature – et j’ai vu lire dans les campagnes, que je connais aussi beaucoup –, une littérature aussi horrible, qui emporte toutes sortes de succès financiers, fait de l’homme qui la lit ou qui ne la lit pas d’ailleurs – ces gens-là ne lisent pas, ils prennent un mot de temps et temps, ils ne savent même pas ce qu’il sont en train de faire, quand ils lisent : c’est une espèce de demi-somnolence, de demi-rêve, qui est guidé de temps en temps par un mot qui frappe l’esprit. Donc j’en reviens pour dire qu’il y a trois littératures : la littérature de toujours qui a droite aux anthologies et aux dictionnaires littéraires, la littérature-lecture dont on a évidemment besoin dans ce monde où tout le monde lit, et la littérature regrettable, contre laquelle on ne peut rien parce qu’elle représente maintenant une puissance d’argent en même temps qu’une puissance d’abêtissement. Et puis ce qui est intéressant n’est jamais très commercial. »
mardi 22 juillet 2008
Tu n'es pas là mais allongée dans un pré vert, au centre d'une flaque de soleil (17:50).
Sous terre l'homme face à moi dans la rame du métropolitain s'est endormi.
La journée s'écroulait sans encombre.
Les jours.
Il dit quelque chose comme c'est intéressant comme pays ? Il répond que oui.
Ailleurs, autrement, la féérie pourrait. Avec la vaisselle repassée et le bortsch rouge. Et l'aneth fraiche. Elle pousserait sur le balcon par exemple.
lundi 21 juillet 2008
Il n’est plus question de. Rien. Ni même. Les verres cessent de s’entrechoquer et à certaines heures chacun boit seul et sans soif. Jusque. L’écroulement des esprits précèdent ceux des corps. Fatigués et les gestes lents ; imprécis. Le couperet danse en suspens. Le métal ciselé triangulaire brille et ombre beau sur nos visages défraichis. Plus tard. Les bouches veules vomissent une mélasse inaudible et informe. Personne n’écoute. Chacun avachi sur son siège ou à même le sol et ne tient plus compte que du verre. Son verre. Sa cannette de bière. Le vin se répand avec une ferveur égale dans les gorges et sur le sol parqueté. Le cendrier dégueule ses cendres et mégots et une main maladroite ne parvient pas à écraser une nouvelle cigarette. Quelqu'un tousse. Gras. Se lève et crache par la fenêtre. Ouverte sur la rue bruyante mais calme. De l'autre côté de la rue, avec la destruction de l'immeuble disparaissait aussi le banc vert autour duquel un groupe d'hommes passait leurs nuits. Ils buvaient là un mauvais vin, écoutaient de vieux morceaux de Ska mais aucun d'entre eux n'arboraient d'insignes Trojan. Ils beuglaient. De notre côté de l'immeuble nous étions très marioles mais quand de son radio-cassettes numérique émergeait les premières notes d'un morceau d'OTH nous hurlions à notre tour et pas vraiment fier de. Tandis que sur des charbons de moins en mois ardents nous. Et ils. A peine les poings se dressaient fermés forts, les bras tendus se souhaitaient révoltés ou révolutionnaires. Ils étaient mous. Nous étions saouls. Les quelques sourires échangés torves et les yeux dans le vague. Personne n'y croyait vraiment depuis longtemps ; quand le mode aléatoire mit en branle un morceau de Cansei de Ser Sexy les visages étaient soulagés.
vendredi 18 juillet 2008
Le regard vague et les couleurs du ciel indéterminées (07:32) depuis la fenêtre grillagée mais ouverte. Les barreaux à l’acier rouillé, jaune et rouge. Une porte claque et résonne dans la cour de l’immeuble. Maman, dit une voix asexuée. Le corps propre (07:57) et prêt pour une nouvelle journée (grise) en bas de la rue déjà les premiers mots audibles sont ceux proférés au buraliste chauve. Achat de la presse (08:09) ce matin encore. Bourgeoise et inconsistante comme de bien entendu. Le livre de Fred Léal est resté (08:05) près du lit, entre le cendrier plein et la bande dessinée monochrome.
Au réveil elle se retourne et se love dans toutes les couvertures et le sommeil à nouveau. L'heure est matinale et peut-être vulgaire. Je suppose. Je ne la vois pas et ne sais ce qu'elle fait ou pense. La couverture dérape et laisse son corps nu. Sa tête repose masquée par sa chevelure sur le coussin sale ; ses yeux sont clos et sa respiration régulière. Elle dort.
jeudi 10 juillet 2008
Dans la fenêtre le vent et les trains de marchandises sont bruyants mais les horaires indéterminés. Procédure de démarrage de l’ordinateur effectuée, la radio est vite enclenchée. Les treize pages sont copiées et collées dans un beau document texte qu’il reste à imprimer et coller dans le carnet noir.
Les phrases (20:32) écrites furent correctes peut-être et le coup de téléphone (20:03) malgré les bruits de sacs et de salades. Répété trois fois.
Les craquements de l'eau contre le mur de béton.
De Tallin à Frounze en passant par Leningrad, Kiev et Moscou les festivités sont le cinquantième anniversaire de la Révolution d’octobre pour laquelle.
Un décalage évident.
Dans le rêve il est question des choses dites dans la radio et probablement de John Coltrane. Le réveil (19:52) assez violent et le cendrier de la pelisse plastifiée et très tigre de Sibérie déguisé glissait jusqu’au parquet lissé avec l’homme de Cork. Ensuite.
mardi 8 juillet 2008
vendredi 4 juillet 2008
(19:18) Les feuilles de l'arbre frissonnent dans la fenêtre.
Lors de la soirée les verres de Viognier, cépage dalmate et sauvage, se succédèrent. Plus tôt (19:43) il me racontait les nouvelles de Cork entendues dans l'oreille droite mais au réveil. Ensuite nous parlions plus de Cork. Plus tard, par courts instants (20:03), être là fiché sur le haut tabouret du comptoir en béton des choses du passé ressurgirent mais j'étais saoul.
(19:25) Des bruits de pas labourent la cage d'escalier et se répercutent dans les appartements de l'immeuble ravalé depuis peu. Je n'ai pas noté le jour où les ouvriers démembraient les échafaudages et libéraient l'immeuble mais j'assistais à la déconstruction de bâtiment de l'autre côté de la rue. À chaque jour une photographie. Les pellicules sont sur la table, dans le ventre de l'appareil et chez elle. L'immeuble est jaune et brille, l'autre n'existe plus.
Enfin, je m'ennuyais et fumais d’autres cigarettes. Winston for winners. Je parlais sans envie et sais que mes explications étaient décousues. Je souhaitais ne pas parler et partir. (23:26) Je m'éclipsais mais posais d’abord le verre vide sur la table.
mercredi 2 juillet 2008
Ici le ciel (12:00) bleu uniforme et sans nuage ; triste. Dans le courrier reçu à 10:38 elle me parle de l’émission radiodiffusée et baladodiffusable dont l’invitée est Valérie Dréville. Cette année, nous n’irons pas en Avignon et Médée-Matériau reste une expérience inoubliable. C’est idiot, la dernière fois en Avignon était pour voir Valérie Dréville. Oui, c’est idiot de ne pas se rendre en Avignon cette année. Ici le ciel (12:05) bleu et la cigarette est terminée ; il faut retourner dans le bâtiment et
lundi 30 juin 2008
[…]
À un moine itinérant étudiant le haïkaï :
113
Suivez
suivez les ronces
un endroit frais
Autrefois les barrières frontalières servaient à se protéger d’actions violentes, maintenant elles sont sources de violence :
114
Ces temps-ci le garde barrière
s’immunise avec du moxa
pruniers fleurs
115
Entendant la voix d’un homme
une biche rappelle
son faon
116
La première luciole
ne s’y laisse pas prendre
et s’envole
117
Une fleur de lotus
légèrement courbée
monde éphémère
118
Endroit de paresse
des alentours
ombre sombre des arbres
[…]
Kobayashi Issa, Ora Ga Haru Mon année de printemps
mercredi 25 juin 2008
Gohar sourit au souvenir d'El Kordi, à l'exagération de ses malheurs, plus fictifs que réels, et sa recherche constante d'une dignité humaine. "Ce qu'il y a de plus futile en l'homme, pensa-t-il, c'est cette recherche de la dignité". Tous ces gens qui cherchaient à être dignes ! Dignes de quoi ! L'histoire de l'humanité n'était qu'un long cauchemar sanguinaire qu'à cause de semblables sottises. Comme si le fait d'être vivant n'était pas une dignité en soi. Seuls les morts sont indignes. Gohar n'estimait que les héros vivants. Ceux-là, sans doute, ne s'embarrassaient pas de dignité."
Alors Albert Cossery est indigne désormais.
vendredi 13 juin 2008
jeudi 12 juin 2008
jeudi 29 mai 2008
mardi 22 avril 2008
vendredi 18 avril 2008
(Chose vue) La femme est un panier en plastique dans une main et celle de l’enfant dans l’autre. Les produits sur la liste de courses sont dans la corbeille. La femme et l’enfant patientent devant la caisse dont le tapis roulant noir est à peine à deux mètres, trois autres panières vertes et remplies. L’enfant s’impatiente et la femme se dit que, décidément, choisir la bonne file. L’enfant trépigne et la femme s’impatiente. La femme n’aime pas l’enfant quand l’enfant joue trop l’enfant. L’enfant sautille, presse la femme de questions sur le temps à attendre. La femme ne répond pas aux questions de l’enfant. L’attention de l’enfant est détournée par les magazines colorés étalés sur le présentoir en plastique blanc, juste au-dessus des sucreries diverses dont toutes les vertus revendiquées sont imprimées sur les paquetages colorés. La femme transvase enfin les différents produits du panier vert, qu’elle encastrera ensuite dans la pile déjà constituée devant elle, au tapis roulant noir actionné par le caissier. Elle les rangera ensuite dans des sacs en plastique blanc et épais, et garde un œil sur l’enfant agitée. La femme regarde le ticket et lit. Mag : 2971 Term 0007 Op : 10012 Tick : 88136 le 17/04/08 À 19:55 Ce ticket vaut bon de garantie. À conserver. Du 11 au 22 mars 2008 dans votre supermarché le grand jeu roll over (1 euro = 6.55957) Merci de votre confiance. À bientôt. Les Mousquetaires. La femme empoche le ticket et prend la main de l’enfant avant de traverser la rue.
mercredi 2 avril 2008
mardi 25 mars 2008
mardi 4 mars 2008
jeudi 21 février 2008
Élie Faure, l'Histoire de l'art -
H. Miller aussi dit que
mais
les
croyances...
mardi 12 février 2008
Personne ne répond. Le bouton en émail blanc est pressé une seconde fois, plus longtemps. La rue autour est enserrée par une brume épaisse, sombre mais laiteuse.
La porte s'ouvre et dans l'embrasure se tient un homme. Gros, râblé. Sa voix est épaisse et lourde. Il racle sa gorge. Quoi, dit-il, c'est pourquoi. D'un geste rapide de la main, il dégage de son front les quelques mèches de cheveux collées par la sueur. L'homme, il ne le connaît pas. Il cherche Mathilde. Il explique à l'homme qui lui barre le passage qu'il souhaite entrer et voir Mathilde. Mais. Mathilde, l'homme, il ne sait pas. Mathilde est partie. Il pose des questions à l'homme. Mathilde est partie. Une adresse, un numéro de téléphone peut-être ; quelque chose enfin. Une trace. On ne peut pas disparaître comme ça. Mathilde est partie. Mathilde ne peut pas s'évanouir dans la nature, comme ça. Disparaître ici. La rue de l'Ermitage dans laquelle il est, devant le numéro soixante-sept, est la dernière adresse connue. Ensuite, Mathilde, sa trace s'évanouit.
La rue de l'Ermitage, elle effectue un coude au niveau de la rue des Pyrénées ; elle dévale la rue Olivier Métra et plonge rue de Ménilmontant. Dans cette portion de la rue de l'Ermitage, les herbes poussent dans les interstices des pavés mal scellés. A l'angle des rues de l'Ermitage et des Rigoles, il se souvient des images perdues. L'odeur de ses cheveux ; l'odeur des cheveux de Mathilde évanouie. L'odeur échappée dans le caniveau le long du bâtiment des bains-douches publics.
Alors vous ne savez vraiment pas ? L'homme insiste ; un peu.
Elle quittait la ville et son nom. Mathilde, elle s'inventait une autre vie, dans une autre ville. Plus heureuse ; peut-être.
jeudi 24 janvier 2008
Wyncote, PA, se trouve désormais à Philadelphia, PA.
Je ne connais plus l'adresse de Wyncote, PA, depuis que Wyncote, PA se trouve à Philadelphia, PA.
Je ne suis encore jamais allé à Philadelphia, PA.
(18:32) Elle est belle la lune derrière, là. Elle est plein, oui ?
mardi 15 janvier 2008
Le quinze janvier l'anniversaire de. Molière plus joué Français. Jean-Baptiste quinze janvier mille six-cent-vingt-deux. Le quinze janvier pas l'anniversaire de. quinze janvier est l'anniversaire de et c'est. quinze janvier n'est pas comme un tapis rouge mais rose et plus grande que. café, dans le sac, deux livres. Puis salut aux Halles (09:13) à l'entrée de.
mercredi 9 janvier 2008
[...]
Il dit :
Let’s play some expensive jazz.
Il dit ça.
L’homme est noir, grand ; très gros aussi. Il est assis derrière la batterie et il regarde la saxophoniste. L’homme noir, il sourit. L’homme noir il sourit à la jeune saxophoniste.
La jeune saxophoniste est petite, blanche ; très mince aussi.
Il dit ça :
Let’s play some expensive jazz.
Il dit ça.
Et la jeune saxophoniste
esquisse
un sourire. Elle se tient debout.
Elle.
Elle est calée sur ses deux jambes.
Elle est droite.
Ses deux pieds sont écartés l’un de l’autre ; elle est en prise avec le sol la jeune saxophoniste.
Ses chaussures sont noires et fines.
Les chaussures noires de la jeune saxophoniste sont très fines et dans ses deux pieds elle ressent les vibrations émises par la musique.
Celles de l’homme noir face à la batterie.
Celles de l’homme blanc derrière elle assis sur un haut tabouret une contrebasse entre les jambes.
Celles de l’homme blanc à droite et de dos dont les doigts enfoncent des touches blanches et noires elles actionnent les marteaux des cordes du piano.
L’homme blanc à droite frappe les touches en ivoire noires et blanches et il se contorsionne sur le banc posté devant le bloc droit et marron : le piano. L’homme blanc à droite et de dos face au piano et l’autre homme blanc derrière assis sur le haut tabouret la contrebasse entre les jambes ils n’entendent pas l’homme noir et gros derrière la batterie dire ça :
[...]
mercredi 2 janvier 2008
vendredi 28 décembre 2007
jeudi 27 décembre 2007
mardi 11 décembre 2007
mardi 27 novembre 2007
samedi 24 novembre 2007
vendredi 23 novembre 2007
Les clématites mauves et petites et roses et pâles, livides, en bordure du chemin dont les graviers gris crissent sous nos pas mal accordés murmurent décadencée une drôle de musique au gré des zigzags, virevoltes et virevousses effectuées.
dimanche 11 novembre 2007
samedi 10 novembre 2007
Werner Schwab, Extermination du peuple ou Mon foie n’a pas de sens, Acte 3
Texte français de Henri Christophe.
Dans la salle à manger stylée de madame Pestefeu. La famille Kovacic, madame Ver et Herrmann sont assis à table, encore en train de manger. Madame Pestefeu tourne autour de la société tout en parlant.
Mme Pestefeu : Tout le matériel convié a donc pris place comme il se doit et s’empiffre à ras bord comme il fallait s’y attendre. Madame Ver, distribuez le gâteau. On a pensé à tout, foi de Pestefeu… car à vous, tels que vous êtes, vous ne devriez accorder la moindre foi.
Je m’exprime les meilleurs vœux pour mon anniversaire et vous interdis formellement de m’imiter. Vivre pendant des décennies une vie telle que la mienne que j’ai vécue et que je vis, c’est toujours, vu du dedans, une outrecuidance curieuse que malgré tout je me suis permise et que je me permets toujours… sans même y penser, comme vous auriez pu penser,si vous étiez capable de penser.
Vous avez sans doute depuis toujours une envie folle de visiter de visu l’antre Pestefeu. Je vous en prie… vous êtes aujourd’hui au collet de l’occasion. Mais on a pensé à tout, foi de Pestefeu. Tout cela a ses prémices cachées et ses abysses lâchés.
Mme Kovacic : Nos meilleurs vœux pour votre anniversaire, madame Pestef…
Mme Pestefeu : Taisez-vous, ce que je dis je le pense. Jamais je ne vais au ceps sur les parkings devant les magasins d’alimentation. Et je ne répète pas non plus simplement des philosophèmes dessinés sur du papier hygiénique. Je ne vis rien de ce que vous, cerveaux-normatifs, êtes forcées ou capables de vivre comme ça, simplement. J’ai toujours tout tenté contre ma nature, savez-vous, et je connais comme vous un enthousiasme régional ou simplement populo-traditionnel pour la simple croûte bichromée d’un… mettons paysage. A chaque occurrence paysagère, cet élan juvénile contre une désespérance exemplaire, vous savez, un malheureux délire de persécution en justice… un prolétarisme autodicté. Mettons : une bouteille de cognac, le moins cher évidemment, pour une surface de vie rapée ou pour un paté de foie bien tassé, cent cinquante grammes en un seul tas, si possible, pour une sensation vitale coupée en tranches, savez-vous… Je n’ai pas reculée devant l’affliction, en vue de l’annexion totale, en vue d’une cohérence humaine parfaite. Gentillesse humaine, ai-je pensé un temps partiel, et j’ai tout couché dedans une seule phrase : ce sont tous des êtres comme moi. Mais ce n’était pas des êtres…et aucun être, seulement du pâté de foie tassé par un préalable ou, pour le dire plus exactement : ce n’était pas tous des êtres, et moi je n’ai jamais été un être humain.
M. Kovacic : En ce qui concerne le pâté de foie, je connais un boucher extra, Charlies Votilla, il a le meilleur mixage d’épices, bien sûr top secret. Et il est bon prix, le Votilla… C’est est un qui attache de son pâté de foie qu’à a bienheureuse clientèle, et à la fin, tout finit toujours bien.
Mme Pestefeu : Pour votre conditionnement décimé c’est sans doute un coup e masse bien intentionné, monsieur Kovac, mais il est trop tard, beaucoup de ratés de soi et de pâtés de foie trop tard, monsieur Kovac. Vous savez, ce côté bonne pâte, c’est le côté populaire flou, la face totale définitivement satisfaite. Toute perception qui se mue en multitude extermine… extermine… extermine.
M. Kovacic, à madame Kovacic : C’est simple, je ne la comprends pas la vioque.
Madame Kovacic lui fait signe de se taire.
Mme Pestefeu : Bien sûr que non, Kovac. Autrement vous devriez mourir sur le champ. Monsieur Kovacic fait signe en cachette qu’elle est toquée. Un paysage se pose sur chaque être vivant et écoute. Trop d’air, murmure-t-il, le paysage. Il faut se restreindre, se résigner, se fractionner avant d’être soulagé dessus la terre. Je hais les enfants et le travail posté, savez-vous. La théorie d’un paysage est un mirage en termes de travail , auquel on doit accorder son consentement. L’unique exterminant est le côté paysage en soi, savez-vous, mais vous ne le savez pas puisqu’il vous faut tout fractionner, puisque c’est pour vous une nécessité vitale, puisque rien ne peut exister ne serait-ce que par traces.
Mme Ver : Tout paysage pourtant a son charme paysager, et un travail fait toujours bon sens dedans les mains, peu importe comment le travail a poussé.
Mme Pestefeu : Positionnez-vous devant une glace, madame Ver, et dites : Ceci est mon pays. Ensuite contemplez votre enfant, Herrmann, votre chair forée, en tant que paysage que vous fut fait à une heure de faiblesse désirante. Votre Herrmann, c’est de la vie dépecée, madame Ver, moi, par chance, j’ai réussi à me pétrifier. Sans scrupules, vous autres, vous engendrez le tourment dans la mort.
Hermann laisse échapper des sanglots sur la table.
Mme Kovacic : Mais tout ça c’est affreusement épouvantable, mais tout ça c’est… dégénéré, comme on dit.
Mme Pestefeu : Mais enfin, madame Kovac, c’est la langue, la langue réagissante seulement qui décolle comme l’oiseau, chimère proférées, savez-vous., je n’ai jamais eu personne, des décennies d’impatience, un isolement impitoyable… tout ce qui m’emplissait… abandonné par moi… Pourtant madame Kovac, je n’ai que moi, exclusivement… et j’ai entendu dire qu’on pouvait faire ce qu’il y a de plus beau avec la meilleur langue qui soit, ce qu’il y a de plus singulier avec une langue aussi extatique que possible. Sachez donc encore, madame Kovac, que tout ce qui est possible doit être possible en tant que langue. Elle touche du bout du doigt le bout du nez de madame Kovacic après s’être approchée d’elle de manière démoniaque. La langue de la langue est encore mieux, et de beaucoup, que le marc de café. Non pas que le marc de café serait moins favorable, non, pas moins favorable qu’un quantum, simplement moins beau, savez-vous, espèce de Kovac au féminin.
Mme Kovacic : Pour un juste Ciel, ne me touchez pas, madame Pestefeu, je ne peux pas accomplir ça.
M. Kovacic : Ne m’attaquez pas par la face de ma femme.
Mme Ver : Mais pourquoi, une noble hautement solitaire comme vous, ‘navez vous pas attrapé un homme qui aurait pu emporter votre vie ?
Herrmann : Ferme donc ton clapet subliminal, maman, qu’est-ce que tu en sais toi, de tout ce qu’on peut savoir.
Madame Ver regarde Herrmann, éberluée.
M. Kovacic: Madame Pestefeu et une veuve indécrottable, voilà.
Mme Pestefeu : Exactement, mon éphémère de Pestefeu, savez-vous, un misérable chien d’arrêt allemand. Gynécologue, savez-vous, avec une formation psychanalytique. Freud, vous savez sûrement, l’horizontale comme base de formation de rapports cordiaux.
Herrmann : Mais pour l’heure, nous sommes invités chez madame Pestefeu. La vie peut aussi évoluer vers la verticale, dans son ensemble. La vie en ce moment n’est tout de même pas si malpourrie que ça, pas vrai, monsieur Kovacic.
Il boxe gentiment monsieur Kovacic à l’épaule.
M. Kovacic, outré : Pas toi… tu devras te décomposer avant même qu’une mort vienne t’allonger. Toi, au moins, tu n’as pas d’autre choix, chien éclopé. Moi, je dois nourrir mes bonnes femmes à fond, les labourer à fond, jusqu’à ce que tout ait trouvé des ramifications. Moi, je dois tenir bon à perpète…
Il est soudain pris d’un rire hystérique.
Mme Kovacic, outrée : Par les coronaires de mon âme, j’ai toujours sur que tu ne pouvais pas être mon mari-mari. Toi… tu es un sous-horrible trompêreur. La mère de tes enfants, tu ne la verras plus. Mes yeux sont dessillés. C’est terminé.
M. Kovacic : Qu’est-ce qui est terminé, là ?
Désirée [fille Kovacic] : Couchée, maman, tout est très particulier.
Mme Pestefeu, riant : Mesdames et messieurs, allez, coulez telles des particules lourdes dans une accalmie. Je vois avec une satisfaction joliment teintée que ma mauvaise influence peut encore produire de l’effet. Alors que pendant des décennies j’ai dû me digérer moi-même et que mon cœur battait pour me rendre compte avec vaillance que mon influence devait être un mauvais écoulement, qu’une véritablement bonne intention pouvait être un moyen de déraillement général. Tout ce qui valait d’être aimé semblait toujours ne contenir que de brefs instants supportables.
Mme Ver : Mais enfin, madame Pestefeu…
Mme Kovacic : S’il faut être un surhomme à ce point compliqué, vous auriez dû choisir un homme supérieur au plan sensé qui aurait pu vous fournir une satisfaction tranquille.
Mme Pestefeu : Madame Kovac, vous avez toujours pu n’être qu’une mauvaise herbe au bord d’une route quelconque… te d’un pied léger, vous avez pu trouver votre herbicide, à savoir votre Kovac.
M. Kovacic : Kovacic… Kovacic.
Mme Pestefeu : Mais le véritable crétinisme et je souligne véritable, et je souligne crétinisme, finit par se loger dans la soi-disant intelligence, savez-vous, madame Kovac, savez-vous, monsieur Kovac… mon Ver-bot [Herrmann, qui a un pied-bot] n’est plus obligé de savoir cela. La mauvaise herbe est toujours un ersatz pour toutes les abominables végétations. C’est pourquoi ce jour d’aujourd’hui, tout réclame une fin réellement effective.
Herrmann : Madame Pestefeu, ma laideur m’a incorporé dedans ses difformités, et la laideur montre toujours ses limites des paysages qui divisent tout par le bas. Vous m’avez démontré combien je dois être laid et qu’il existe une mort à soi que Dieu n’a pas développée lui-même. Je… je veux rentrer… dedans le néant, là où les mauvais tableaux ont aveugles à une laideur propre.
Mme Ver : Tu vas conserver ton douloureux clapet dans ta solitude maintenant, Herrmann. La vie vaut d’être vécue parce qu’elle a la forme de la vie…point final.
Désirée : Je devrais exprimer quelque chose, si j’ai le droit. C’est que le vie et toujours présente, automatiquement, et si on peut trouver un petit bonheur de jouissance, la vie vous embrasse d’elle-même… non ?
Bianca [Fille Kovacic] : Justement, tout le monde a la baisante. C’est normal, bien sûr, comme on doit l’être le cours de la vie entière.
Désirée : Bien sûr, baiser, c’est super.
M. Kovacic : C’est que mes filles connaissent l’adresse de la vie. Couche-toi là et vlan… et la vie se tiendra bien tranquille.
Mme Pestefeu : Modérez-vous, Kovac.
M. Kovacic : Kovacic… Kovacic, vieille schnoque.
Mme Kovacic : Modère-toi Kovacic.
Monsieur Kovacic regarde sa femme, éberlué, Madame Pestefeu part d’un grand rire.
Herrmann : Moi je n’ai encore jamais… encore jamais avec une fille…
Mme Ver : Je l’espère bien de toutes mes forces d’une volonté, puisque tu n’es rien sans moi.
Désirée : Herrmann trouvera bien un jour une éclopée ou une lilliputienne où il pourra enfoncer son petit ver. Là où il y a de la vie, il y a un bouchon… et vice versa.
Mme Kovacic : Modère-toi, Désirée.
Bianca : Modère-toi, Désirée.
Elle rit… toutes deux rient.
Mme Pestefeu : Vous voyez, on le voit déjà, tout va assez heureusement à vau-l’eau. Seul ce qui est mort renâcle perpétuellement. Je suis condamnée, savez-vous. Il n’y a personne pourtant qui aurait vraiment pu m’écarter de façon inconvenante. Vous savez… accorder une égalité des chances à ce qui n’a pas de sens, j’ai toujours eu le sens de cela. J’étais allongée à côté de mon gynéco psychologisant et composais dans ma tête des chansons repoussantes, jusqu’à ce qu’il s’endorme.
Elle se rend près d’Herrmann et lui pose une main sur l’épaule. Vous savez… ma vie d’aujourd’hui… contrainte à la floraison parce que je l’ai octroyée à un anniversaire alors que j’abhorre tout ce qui enflamme les occasions. Et dans l’accomplissement que j’ai voulu vous faire partager, je n’ai qu’un anniversaire très prétextuel. Je n’ai dedans mon évidence, comme vous diriez, pas d’anniversaire du tout… comme tout être raisonnable. Je suis morte avant mon devenir. Je n’ai vraiment personne, je n’ai que vos mortels bruits vitaux que j’abomine depuis toujours et que je dois nécessairement haïr… à ma fin réellement effective.
Herrmann pousse un sanglot.
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mardi 6 novembre 2007
jeudi 1 novembre 2007
mardi 30 octobre 2007
jeudi 18 octobre 2007
lundi 15 octobre 2007
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Je pense à toi, ça ne m'appartient pas en propre
Je pense à toi, des bouts de pensées, au pluriel & en minuscules, insolentes ou tendres, fixées comme des jalons parmi d'autres, des échos incertains & tourmentés
Je pense à toi, tout confus, tout illisible, toujours dramatique, toujours bref
Je pense à toi, je pare au plus blessé
Je pense à toi, je force, j'abrite, je recueille, je transperce, je réunis, je brutalise, je salis je m'évapore
Je pense à toi, trente mille sacrifices
Je pense à toi, où est ta semaine, quelle est ta fête, ton anniversaire, quel jour est celui de ta présence ?
Je pense à toi, quels monuments, documents, preuves, témoins ?
Je pense à toi, plus loin, plus loin que toi, plus haut, plus haut que ton image, comme en surplomb, au-delà des lacs
Partir en forêt, connaitre des arbres & occuper ses mains, ses pieds. Je ne pense plus à toi. Partir […]
Je pense à toi ça ne prouve rien
[…]
Franck Smith
jeudi 4 octobre 2007
mercredi 3 octobre 2007
lundi 1 octobre 2007
Accroupi sur le parvis devant Beaubourg c’est un joli boxon et les bruits du concert à me casser les oreilles, pour ce qui est de la musique on repassera. Je regarde la pile de chaussures. La lutte contre les bombes à sous-munitions. Quelque chose comme ça. Ce qui est terrible, c’est comment je m’en cogne. Quelque chose de formidable, ça. Le désintérêt, l’absence de compassion Plus tard, je regarderai avec attention les hommes et femmes, les militants, remballer très comme il faut les chaussures, la pile haute, au fort symbole. Je l’attends et fume une Winston for winners, histoire de faire quelque chose, elle n’est pas en retard et moi en avance. Le film de Erice il débutera en retard mais ça je ne le sais pas et ce n’est vraiment pas nécessaire de trépigner. Elle vient. Je la vois de loin arriver. Je reconnais sa démarche chaloupée. Malgré ses lunettes, elle ne repère de suite le chapeau. Ni rien. Je fais un signe. Ce que c’est que d’être transparent, interchangeable. On s’y fait. On se fait à tout. On croit des choses. On dit des choses on peut dire Malakoff ou jardin potager, on sait bien que ce n’est pas vrai mais, quoi, une blague. N’importe quoi. Malgré tout, on ne se dit pas tout à fait que ça va disparaître comme ça. Aussi vite. Aussi quoi ? Comme ça. Des choses comme toi tu es très bien et très conne aussi. Oui. On continue. On laisse de côté des choses. Le goût dans la bouche, amer, on sait qu’il va passer. Le on très impersonnel et plurilatéral. On se fait à tout.



















