mardi 22 avril 2008

Un brimborion incongru (15:49)

vendredi 18 avril 2008

(Chose vue) La femme est un panier en plastique dans une main et celle de l’enfant dans l’autre. Les produits sur la liste de courses sont dans la corbeille. La femme et l’enfant patientent devant la caisse dont le tapis roulant noir est à peine à deux mètres, trois autres panières vertes et remplies. L’enfant s’impatiente et la femme se dit que, décidément, choisir la bonne file. L’enfant trépigne et la femme s’impatiente. La femme n’aime pas l’enfant quand l’enfant joue trop l’enfant. L’enfant sautille, presse la femme de questions sur le temps à attendre. La femme ne répond pas aux questions de l’enfant. L’attention de l’enfant est détournée par les magazines colorés étalés sur le présentoir en plastique blanc, juste au-dessus des sucreries diverses dont toutes les vertus revendiquées sont imprimées sur les paquetages colorés. La femme transvase enfin les différents produits du panier vert, qu’elle encastrera ensuite dans la pile déjà constituée devant elle, au tapis roulant noir actionné par le caissier. Elle les rangera ensuite dans des sacs en plastique blanc et épais, et garde un œil sur l’enfant agitée. La femme regarde le ticket et lit. Mag : 2971 Term 0007 Op : 10012 Tick : 88136 le 17/04/08 À 19:55 Ce ticket vaut bon de garantie. À conserver. Du 11 au 22 mars 2008 dans votre supermarché le grand jeu roll over (1 euro = 6.55957) Merci de votre confiance. À bientôt. Les Mousquetaires. La femme empoche le ticket et prend la main de l’enfant avant de traverser la rue.

mercredi 2 avril 2008

Avec la lumière noire, le blanc crépite. (23:31)
(sic)
A Paris, 14°C, un euro vingt centimes pour un café et la tour Saint-Jacques enfin se découvre.

mardi 25 mars 2008

A Lisbonne, 17°C, quatre vingt-dix centimes pour un café et la lumière sur son visage.

mardi 4 mars 2008

A Cork, 58°F et deux euros pour une tasse de thé.

jeudi 21 février 2008

« [...] Je vais mourir. Les hommes vivent. Je crois en eux. Leur aventure ne prendra fin qu'avec l'aventure de la terre, et, la terre morte, continuera peut-être ailleurs. [...] Quiconque participe avec confiance à l'aventure des hommes a sa part d'immortalité. »
Élie Faure, l'Histoire de l'art -
H. Miller aussi dit que
mais
les
croyances...

jeudi 14 février 2008


Susan Silton By power of suggestion, which in favorable circumstances becomes instruction, #1, 2006

mardi 12 février 2008

Il parvient enfin devant la porte, sonne. C’est une vieille bâtisse, des pans de plâtre sont arrachés ça et là et des traces de peinture ocre et jaune subsistent.
Personne ne répond. Le bouton en émail blanc est pressé une seconde fois, plus longtemps. La rue autour est enserrée par une brume épaisse, sombre mais laiteuse.

La porte s'ouvre et dans l'embrasure se tient un homme. Gros, râblé. Sa voix est épaisse et lourde. Il racle sa gorge.
Quoi, dit-il, c'est pourquoi. D'un geste rapide de la main, il dégage de son front les quelques mèches de cheveux collées par la sueur. L'homme, il ne le connaît pas. Il cherche Mathilde. Il explique à l'homme qui lui barre le passage qu'il souhaite entrer et voir Mathilde. Mais. Mathilde, l'homme, il ne sait pas. Mathilde est partie. Il pose des questions à l'homme. Mathilde est partie. Une adresse, un numéro de téléphone peut-être ; quelque chose enfin. Une trace. On ne peut pas disparaître comme ça. Mathilde est partie. Mathilde ne peut pas s'évanouir dans la nature, comme ça. Disparaître ici. La rue de l'Ermitage dans laquelle il est, devant le numéro soixante-sept, est la dernière adresse connue. Ensuite, Mathilde, sa trace s'évanouit.
La rue de l'Ermitage, elle effectue un coude au niveau de la rue des Pyrénées ; elle dévale la rue Olivier Métra et plonge rue de Ménilmontant. Dans cette portion de la rue de l'Ermitage, les herbes poussent dans les interstices des pavés mal scellés. A l'angle des rues de l'Ermitage et des Rigoles, il se souvient des images perdues. L'odeur de ses cheveux ; l'odeur des cheveux de Mathilde évanouie. L'odeur échappée dans le caniveau le long du bâtiment des bains-douches publics.

Alors vous ne savez vraiment pas ?
L'homme insiste ; un peu.
Elle quittait la ville et son nom. Mathilde, elle s'inventait une autre vie, dans une autre ville. Plus heureuse ; peut-être.

jeudi 24 janvier 2008

(09:01) Le courrier de Wyncote, PA il est question de dentiste et de crocs en acier à affuter sévère en vue de.
Wyncote, PA, se trouve désormais à Philadelphia, PA.
Je ne connais plus l'adresse de Wyncote, PA, depuis que Wyncote, PA se trouve à Philadelphia, PA.
Je ne suis encore jamais allé à Philadelphia, PA.
(18:32) Elle est belle la lune derrière, là. Elle est plein, oui ?

mardi 15 janvier 2008

Le quinze janvier l'anniversaire de. Molière plus joué Français. Jean-Baptiste quinze janvier mille six-cent-vingt-deux. Le quinze janvier pas l'anniversaire de. quinze janvier est l'anniversaire de et c'est. quinze janvier n'est pas comme un tapis rouge mais rose et plus grande que. café, dans le sac, deux livres. Puis salut aux Halles (09:13) à l'entrée de.

mercredi 9 janvier 2008

« l’essentiel c’est pas de savoir si on a tort ou raison. Ça n’a vraiment pas d’importance… ce qu’il faut c’est décourager le monde qu’il s’occupe de vous… le reste c’est du vice »

Mort à Crédit – L.F. Céline

[...]

Il dit :

Let’s play some expensive jazz.

Il dit ça.

L’homme est noir, grand ; très gros aussi. Il est assis derrière la batterie et il regarde la saxophoniste. L’homme noir, il sourit. L’homme noir il sourit à la jeune saxophoniste.

La jeune saxophoniste est petite, blanche ; très mince aussi.

Il dit ça :

Let’s play some expensive jazz.

Il dit ça.

Et la jeune saxophoniste

esquisse

un sourire. Elle se tient debout.

Elle.

Elle est calée sur ses deux jambes.

Elle est droite.

Ses deux pieds sont écartés l’un de l’autre ; elle est en prise avec le sol la jeune saxophoniste.

Ses chaussures sont noires et fines.

Les chaussures noires de la jeune saxophoniste sont très fines et dans ses deux pieds elle ressent les vibrations émises par la musique.

Celles de l’homme noir face à la batterie.

Celles de l’homme blanc derrière elle assis sur un haut tabouret une contrebasse entre les jambes.

Celles de l’homme blanc à droite et de dos dont les doigts enfoncent des touches blanches et noires elles actionnent les marteaux des cordes du piano.

L’homme blanc à droite frappe les touches en ivoire noires et blanches et il se contorsionne sur le banc posté devant le bloc droit et marron : le piano. L’homme blanc à droite et de dos face au piano et l’autre homme blanc derrière assis sur le haut tabouret la contrebasse entre les jambes ils n’entendent pas l’homme noir et gros derrière la batterie dire ça :

Let’s play some expensive jazz.
[...]

mercredi 2 janvier 2008

I have no money, no resources, no hopes, I am the happiest man alive.
Henry Miller -

vendredi 28 décembre 2007

Et toi (11:47) ?
Tu es

Un rouleau de cendres
grises
sur le clavier
noir
en équilibre
dans les interstices
entre les lettres
P
L
M

Oui

jeudi 27 décembre 2007

Mathilde 17:51

mardi 11 décembre 2007

mardi 27 novembre 2007