lundi 23 mars 2009

This is no time for Schopenhauer. This is important.

samedi 7 février 2009

Dans la fenêtre ; la neige. Ne cogne pas. Ne frappe pas.
Mais.
Virevolte. Tourbillonne.
Puis.
Se dépose et disparaît sur la vitre de la tabatière.

dimanche 4 janvier 2009

L’Ukraine est familière et aimable ; dit-elle.

La température ce matin à l’angle de deux rues parisiennes était de -02°C

et la marche un peu plus tard mais nocturne seule tout à fait.

À Lvov la température est d’environ -07°C. Peut-être les rues sont blanches.

jeudi 18 décembre 2008

De Cork (Victoria road) à Puerto del Carmen (Gardafia) sont environ 4130 kilomètres et une vie nouvelle.

Rouge, dit-il.

Oui-da.

De Puerto del Carmen (Gardafia) à Civitavecchia sont un transit par Madrid et Barcelone.

La couleur, il ne la dit pas.

Il dit

Estoy buscando una puerta.

samedi 13 décembre 2008

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force. Dit Cesare Pavese.

(08:03) Le démarrage. Rue encombrée et le froid. Le jour est bleu et la lumière froide. La première cigarette écrasée devant le kiosque à journaux. Nous faisons la queue. Le Figaro, le Monde, Libération, la Croix, Actualités Juives, le Point, le Nouvel Obs etc. je regarde chacun des acheteurs ne me trouve aucune ressemblance. Même celui qui achète Libération je ne. Je choisis mon exemplaire dans la pile ; le troisième. Je paie. Je regarde le journal. La Grèce à la Une, tout feu tout flamme et désespérée. Je quitte le kiosque et déboule sur le quai de la station. À peine le temps d’effeuiller le journal qu’il faut déjà monter dans la rame en gare. Quelques stations plus tard et le froid est plus vif, brumeux. Le quotidien dans la manche gauche de la veste en cuir dont les boutons encore une fois se décousent – cette veste, les boutons de, cela devient une habitude depuis quelques hivers, recoudre les boutons – et filer vers le centre commercial qui est le seul lieu où boire un café. C’est ton anniversaire aujourd’hui, le café, il est offert. Tu as quel âge maintenant ? Vingt et un ou trente et un ? Moi j’ai trente-cinq et etc. Il fait plus vieux que son âge et moi je ne sais pas. Le café offert est apprécié mais (08:57) il me faut me dépêcher un peu. Sur le reste du chemin je zigzague entre des pigeons morts et des œufs blancs explosés sur le bitume noir. Les œufs cassés sur la chaussée, ici, va savoir, c’est un peu le sport local. C’est con, très, et ça cadre avec les lieux.

mercredi 10 décembre 2008

De Cork (Victoria road) à Puerto del Carmen (Gardafia) sont environ 4130 kilomètres et une vie nouvelle.

Rouge, dit-il.

Oui-da.

samedi 29 novembre 2008

On a une confiance illimitée en la vie. Tant qu'on ne tombe pas gravement malade, on croit que cela n'arrivera pas. Qu'on ne tombera pas malade. Qu'on ne mourra pas. Plus exactement, tout en sachant que cela forcément arrivera, on ne peut pas se projeter dans cette certitude. On ignore, avec une facilité déconcertante, la certitude de la mort.
La maladie de A. te renvoie à ce que tu pourrais devenir si le temps continuait sur toi à faire son œuvre. La maladie de A. est une image possible bien qu'exacerbée de la vieillesse, plus exactement de la tienne.
Tu n'aimes pas voir les malades de A.
tu n'aimes pas les voir marcher
les voir trébucher
les voir balbutier
les voir baver
les voir mâcher ou s'asseoir ou se tenir ou s'évertuer
parce qu'à travers eux c'est toi que tu vois
c'est toi que tu vois décliner
et mourir.

Olivia Rosenthal, On n'est pas là pour disparaître, p.80-81. Éditions Verticales, ISBN 978.2.07.078531.5 16,50 €

Je remarque non sans une certaine déception que les livres des éditions Verticales ne sont labellisés Imprim'vert mais constate à la lecture de ces pages comme des précédentes ou des suivantes que je suis un lecteur heureux.

Pourtant

Je croyais que tu ne voulais pas ce
Oui

Le jour était gris et lent et difficile dans les recoins mais



vendredi 7 novembre 2008

mercredi 5 novembre 2008

L’instant perpendiculaire, la station debout et toi allongée dans le lit. Toi nue dans le lit avec ton corps recouvert par la couverture et moi très habillé avec les chaussures lacées et presque je suis parti déjà. Je t’embrasse. Je caresse ton visage, ma main sur ta tête, ta joue, je te respire ; tu sens la nuit, le calme du sommeil. Tu sens bon. Je m’éloigne et tu demandes de t’embrasser encore. Si je veux bien, moi debout dans la pièce avec mes chaussures, t’embrasser encore. Je t’aime vraiment bien, dis-tu.

mardi 14 octobre 2008

Hippo :
Alors quoi de neuf ?
L'Homme de l'Huma :
Le patronat exploite les salariés,
le capital produit de la plus-value,
et le prolétariat se paupérise...
Rien de neuf...
Eric Rochant, Un monde sans pitié

lundi 29 septembre 2008

Une ambiance du tonnerre.

mardi 23 septembre 2008

Synapse contre synapse et activité neuronale en berne et impulsions électriques alternatives. Réaction mécanique. Révolution inefficace. Tour complet, retour point de départ. Sans éclipse. Ni aube, ni crépuscule. Impulsion stoppée nette. Uppercut, coup droit dans les cotes flottantes. Coup dans les reins. Garde baissée. Collision sur l’arcade gauche et la vue s’englue, se brouille. Reculer. Au bord du ring les coudes serrés contre les flancs. La tête embusquée dans les poings, compter les secondes. Tenir. Dix secondes et la cloche. Ne pas mettre un genou. Cinq secondes encore sous. Les jambes fléchissent. Œil mi-clos. Tuméfié. Gonflé. Arcade explosée. Cloche. Assis dans le coin. Souffler. Cracher. Du sang. Se rincer. Le goût amer. Salé. Sang. Sueur. Mordre le protège-dents et. Cloche. Pousser vers le milieu du ring et regard assassin de l’adversaire. Coups. Tête contre tête, sueurs et dans les reins. Embrassade violente. Séparation. Recul. Reprendre du souffle. Le jeu de jambes. Garder le rythme. Tourner, chercher une ouverture. Tourner. Encore. Ne pas. Ne pas mettre genou à terre. Tourner. Tenter. Esquiver. Avancer. Ne pas rester à portée de. Reculer. Trembler dans les gants. Ne pas perdre aux points. Aux poings. Durer. Encaisser. Gauche contre mâchoire droite, tremblements temporaux. Plexus solaire contre le poing droit. Se couvrir. Parer le nouvel uppercut, épaules rentrées. Coups sur la tête. Cervicales malmenées. Douleurs. Se relever. Regards. Hésitation fatale. Cloche.

Les deux étaient accrochés au comptoir, à quelques pas de la table que nous occupons. Les crânes rasés de frais, les plis des uniformes impeccables, les képis blancs et posés sur la surface au métal chromé, brillant, encadraient les deux pintes aux niveaux bas mais à peu près égaux. De retour des toilettes après deux bières et une litanie de propos sans suite tout à fait mais qu’elle écoutait avec une docilité effarante, je surpris leur conversation. L’un affirmait que là-bas d’ailleurs on se caillait à chier des briques quand l’autre annonçait qu’il s’en allait parachuter un Congolais. La métaphore militaire est bourrée. De surprises. […]

vendredi 19 septembre 2008

Le mot bouse est entendu à chaque coin de rue. Depuis peu. Quatre fois déjà cette semaine.

BOUSE, subst. fém.

Excrément des bovins. L'on entendit le bruit doux et rythmique des bouses étalées (Zola, La Terre, 1887, p. 76).

P. métaph. :

1. J'entends : « Cloc... cloc... cloc » Je me rappelle ce vers de jeunesse de Costals : les baisers des amants sont des bouses qui tombent. La ressemblance ne m'avait jamais frappé.
Montherlant, Le Démon du bien, 1937, p. 1232.

Arg. milit. (aviat.). Expr. Atterrir comme une bouse :

2. Atterrir en épatant lourdement l'appareil, esc. S-132, juin 18. − Image prise directement de la bouse qu'une vache flaque à terre, ...
Esn. Poilu 1919, p. 109.

PRONONC. ET ORTH. : [bu:z]. La majorité des dict. enregistre uniquement bouse. Cependant Ac. 1798 admet bouse ou bouze. Cf. aussi Gattel 1841, Land. 1834 et Fér. Crit. t. 1 1787 qui écrit boûse ou boûze en indiquant que bouse est le plus en usage.

Le terme est choisi comme synonyme de nul, mauvais, ou simplement sans intérêt.

Alors que.

bouse : bousage, bousin, excrément, fiente, merde.

Le mésusage du terme bouse, champêtre à souhait, est probablement foutrement parisien.


De même façon, l'usage éhonté du terme séquence est hype total.

Quand séquence (découpage, hymne, programme, prose, scène, série, suite) est utilisé pour dire période. Tout à l'heure encore à la radio (15:30).


vendredi 12 septembre 2008

Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. M

Sur le bord du lit et adossé au mur couleur nicotine. Elle gît là. Le drap rejeté sur les hanches laisse voir ses épaules, ses seins, son ventre et un peu de son pubis. Sa peau blanche contraste avec la noirceur de ses cheveux longs. Elle fume une Winston for winners les yeux clos et respire doucement et dans un nuage de fumée et me demande à quoi je pense. À rien. Je me demande ce qu’il restera, une fois que nous ne serons séparés. À rien, rien de particulier. Elle entrouvre les yeux, s’appuie d’une main soulève un peu la tête et vérifie sur mon visage l’affirmation, elle insiste un peu. Comment ça, rien ? Il restera quoi ? Un souvenir diffus, des instants fugaces. Je ferai des amalgames et mélangerai les situations et les lieux. J’oublierai. Je reconstruirai. À la toute fin, rien. Ne pas faire confiance à sa mémoire. Je me demande juste si je veux du café. Tu veux un café ? Elle acquiesce et recouvre son corps nu. Elle veut bien. Je m’exécute et fais du café. Avec la cafetière italienne en acier. Avec une certaine mélancolie. Des rognures d’ongles sont crachées dans le bac de l’évier et j’attends que l’eau chauffe, circule dans la machine, s’imprègne du café moulu avant de remplir le récipient chromé. Qu’est-ce que tu fais ? Dit-elle. Je refuse d’avouer que je comptais les faïences autour du bac de l’évier. J’arrive. Non ; je m’en vais, ou je m’en va, les deux se dit. Ou se disent. Comme l’affirmait le grammairien sur son lit de mort. Et verse le café dans les deux tasses.

Elle jouait de ses longs cheveux clairs. Très. Un large et franc sourire éclairait son visage. Ses yeux brillaient mille feux. Elle ramenait ses bras dénudés vers l’arrière de son crâne et se saisissait du ruban enserrant sa chevelure, elle le faisait glisser d’un geste sûr et lent ; la tête imperceptiblement penchée sur l’un ou l’autre côté. Elle laissait ensuite le cordon élastique tomber à ses pieds, sans façon, sans se départir de son admirable sourire. Elle ne me regardait pas. Non. Ses yeux étaient au-delà de moi, à travers moi. Elle s’asseyait sur le bord du lit, glissait une main le long de son mollet et poussait avec délicatesse sa chaussure, extrayait d’abord son talon puis le reste de son pied sans que sa cheville n’esquisse le moindre mouvement. Le soulier s’écroulait, roulait sur le sol de la chambre et sous le lit. Elle répétait de l’autre main le mouvement et libérait son second pied. Basculait ensuite sur le lit, relevait les jambes, et, parallèles, les genoux repliés, les allongeait et s’appuyait d’une main à plat sur le matelas, le bassin en avant. Toujours cambrée. Puis elle penchait la tête, offrait un autre sourire, une proposition, une invitation. Ses yeux plissés créaient de jolies stries autour de ses yeux, de sa bouche fine. Viens, disait-elle. J’écrasais une Winston for winners et m’approchais timide, les mains tremblantes et le cœur cognant trop fort. À quelques centimètres de son corps elle se saisissait de mon poignet qu’avec violence je tordais.

Elle colle les deux feuilles ensemble, disperse du tabac, coupe un bout de Winston for winners et confectionne un filtre marocain puis saupoudre le tout d’herbe ; les couleurs, le vert et le marron se mélangent se confondent et ils forment une jolie mixture que je fais rouler entre mes doigts. J’allume le joint, aspire quelques bouffées et en savoure le goût agréable ; puis je le lui tends et referme l’écrin de plastique, un cylindre noir, le boîtier d’un film photographique. Nous nous passons le joint de marijuana et échangeons quelques propos idiots, sourions ; c’est certainement l’effet du tetrahydrocannabinol de l’herbe. Ensuite nous faisons l’amour ; elle malaxe mon sexe, m’embrasse, caresse mon torse, colle son pelvis à ma cuisse et je pétris ses fesses musclées etc. Elle me flatte et trouve ça chouette ; moi non. Je suis plus ou moins absent. J’espérais un peu que le joint m’aiderait à apprécier le frotti-frotta ; que nenni. Nib. Je roule un second joint et cherche à comprendre. Ce que je sais déjà. Ce que je savais, au fond, avant qu’elle ne décide de me rejoindre. Nous parlons encore. Confidences crétines sur le creux de l’oreiller, le compte des cicatrices sur nos corps encore jeunes et minces, des choses comme ça. Les draps respirent la sueur, le stupre et le parfum dont elle abuse, âcre et sucrée ; je n’écoute plus ce qu’elle me dit. Plus tard, elle revient vers moi, colle à nouveau son corps au mien, je ne tiens plus et décide alors de l’envoyer se faire foutre.
Quotidien en bris de glace – autocitation facile.
Je suis tellement content pour vous.
Cela me fait plaisir pour vous.
Autre phrase.
Carambolages de mots divers écrasés contre la barrière de sécurité enfoncée.
Tôles froissées dans un silence d’acier.
Flashs colorés de secours invisibles.
Sirènes superbes et sourires carnassiers.
En fait, tu me fais rire.