tergiverser : atermoyer, balancer, barguigner, biaiser, composer, consulter, délibérer, douter, ergoter, errer, feinter, finasser, hésiter, louvoyer, marchander, osciller, se tâter, temporiser, tortiller.
mercredi 29 avril 2009
vendredi 24 avril 2009
mardi 14 avril 2009
Le capital, ce produit du travail de l’espèce humaine, accumulé entre les mains de quelques-uns, il fuit – nous dit-on –, l’agriculture et l’industrie, faute de sécurité.
Mais où donc va-t-il se nicher, lorsqu’il sort des coffres-forts ?
Parbleu ! Il y a des placements plus avantageux ! Il ira meubler les harems du Sultan ; il ira alimenter les guerres, soutenir le Russe contre le Turc, et, en même temps, le Turc contre le Russe.
Ou bien encore, il ira un jour fonder une société d’actionnaires, non pas pour produire quoi que ce soit, mais simplement pour amener dans deux ans une faillite scandaleuse, dès que les gros bonnets fondateurs se seront retirés en emportant les millions que représentent ‘le bénéfice de l’idée’.
Ou bien, ce capital ira construire des chemins de fer inutiles, au Gothard, au Japon, au Sahara s’il le faut – pourvu que les Rothschild fondateurs, l’ingénieur en chef et l’entrepreneur y gagnent quelques millions.
Mais surtout, le capital se lancera dans l’agiotage : le jeu en grand à la Bourse. Le capitaliste spéculera sur la hausse factice des prix du blé ou du coton ; il spéculera sur la politique, sur la hausse qui se produira à la suite de tel bruit de réforme ou de telle note diplomatique ; et souvent ce seront – cela se voit tous les jours – les agents même du gouvernement qui tremperont dans ces spéculations.
L’agiotage tuant l’industrie, c’est cela qu’ils appellent la gérance intelligente des affaires ! C’est pour cela que nous devons – disent-ils – les entretenir !
lundi 23 mars 2009
samedi 7 février 2009
dimanche 4 janvier 2009
jeudi 18 décembre 2008
samedi 13 décembre 2008
mercredi 10 décembre 2008
samedi 29 novembre 2008
La maladie de A. te renvoie à ce que tu pourrais devenir si le temps continuait sur toi à faire son œuvre. La maladie de A. est une image possible bien qu'exacerbée de la vieillesse, plus exactement de la tienne.
Tu n'aimes pas voir les malades de A.
tu n'aimes pas les voir marcher
les voir trébucher
les voir balbutier
les voir baver
les voir mâcher ou s'asseoir ou se tenir ou s'évertuer
parce qu'à travers eux c'est toi que tu vois
c'est toi que tu vois décliner
et mourir.
Olivia Rosenthal, On n'est pas là pour disparaître, p.80-81. Éditions Verticales, ISBN 978.2.07.078531.5 16,50 €
Je remarque non sans une certaine déception que les livres des éditions Verticales ne sont labellisés Imprim'vert mais constate à la lecture de ces pages comme des précédentes ou des suivantes que je suis un lecteur heureux.
Pourtant
Je croyais que tu ne voulais pas ce
Oui
Le jour était gris et lent et difficile dans les recoins mais
vendredi 7 novembre 2008
mercredi 5 novembre 2008
L’instant perpendiculaire, la station debout et toi allongée dans le lit. Toi nue dans le lit avec ton corps recouvert par la couverture et moi très habillé avec les chaussures lacées et presque je suis parti déjà. Je t’embrasse. Je caresse ton visage, ma main sur ta tête, ta joue, je te respire ; tu sens la nuit, le calme du sommeil. Tu sens bon. Je m’éloigne et tu demandes de t’embrasser encore. Si je veux bien, moi debout dans la pièce avec mes chaussures, t’embrasser encore. Je t’aime vraiment bien, dis-tu.
mardi 14 octobre 2008
Alors quoi de neuf ?
L'Homme de l'Huma :
Le patronat exploite les salariés,
le capital produit de la plus-value,
et le prolétariat se paupérise...
Rien de neuf...
Eric Rochant, Un monde sans pitié
lundi 29 septembre 2008
mardi 23 septembre 2008
Synapse contre synapse et activité neuronale en berne et impulsions électriques alternatives. Réaction mécanique. Révolution inefficace. Tour complet, retour point de départ. Sans éclipse. Ni aube, ni crépuscule. Impulsion stoppée nette. Uppercut, coup droit dans les cotes flottantes. Coup dans les reins. Garde baissée. Collision sur l’arcade gauche et la vue s’englue, se brouille. Reculer. Au bord du ring les coudes serrés contre les flancs. La tête embusquée dans les poings, compter les secondes. Tenir. Dix secondes et la cloche. Ne pas mettre un genou. Cinq secondes encore sous. Les jambes fléchissent. Œil mi-clos. Tuméfié. Gonflé. Arcade explosée. Cloche. Assis dans le coin. Souffler. Cracher. Du sang. Se rincer. Le goût amer. Salé. Sang. Sueur. Mordre le protège-dents et. Cloche. Pousser vers le milieu du ring et regard assassin de l’adversaire. Coups. Tête contre tête, sueurs et dans les reins. Embrassade violente. Séparation. Recul. Reprendre du souffle. Le jeu de jambes. Garder le rythme. Tourner, chercher une ouverture. Tourner. Encore. Ne pas. Ne pas mettre genou à terre. Tourner. Tenter. Esquiver. Avancer. Ne pas rester à portée de. Reculer. Trembler dans les gants. Ne pas perdre aux points. Aux poings. Durer. Encaisser. Gauche contre mâchoire droite, tremblements temporaux. Plexus solaire contre le poing droit. Se couvrir. Parer le nouvel uppercut, épaules rentrées. Coups sur la tête. Cervicales malmenées. Douleurs. Se relever. Regards. Hésitation fatale. Cloche.
Les deux étaient accrochés au comptoir, à quelques pas de la table que nous occupons. Les crânes rasés de frais, les plis des uniformes impeccables, les képis blancs et posés sur la surface au métal chromé, brillant, encadraient les deux pintes aux niveaux bas mais à peu près égaux. De retour des toilettes après deux bières et une litanie de propos sans suite tout à fait mais qu’elle écoutait avec une docilité effarante, je surpris leur conversation. L’un affirmait que là-bas d’ailleurs on se caillait à chier des briques quand l’autre annonçait qu’il s’en allait parachuter un Congolais. La métaphore militaire est bourrée. De surprises. […]
vendredi 19 septembre 2008
Le mot bouse est entendu à chaque coin de rue. Depuis peu. Quatre fois déjà cette semaine.
BOUSE, subst. fém.
Excrément des bovins. L'on entendit le bruit doux et rythmique des bouses étalées (Zola, La Terre, 1887, p. 76).
− P. métaph. :
1. J'entends : « Cloc... cloc... cloc » Je me rappelle ce vers de jeunesse de Costals : les baisers des amants sont des bouses qui tombent. La ressemblance ne m'avait jamais frappé.
Montherlant, Le Démon du bien, 1937, p. 1232.
− Arg. milit. (aviat.). Expr. Atterrir comme une bouse :
2. Atterrir en épatant lourdement l'appareil, esc. S-132, juin 18. − Image prise directement de la bouse qu'une vache flaque à terre, ...
Esn. Poilu 1919, p. 109.
PRONONC. ET ORTH. : [bu:z]. La majorité des dict. enregistre uniquement bouse. Cependant Ac. 1798 admet bouse ou bouze. Cf. aussi Gattel 1841, Land. 1834 et Fér. Crit. t. 1 1787 qui écrit boûse ou boûze en indiquant que bouse est le plus en usage.
Le terme est choisi comme synonyme de nul, mauvais, ou simplement sans intérêt.
Alors que.
bouse : bousage, bousin, excrément, fiente, merde.
Le mésusage du terme bouse, champêtre à souhait, est probablement foutrement parisien.
De même façon, l'usage éhonté du terme séquence est hype total.
Quand séquence (découpage, hymne, programme, prose, scène, série, suite) est utilisé pour dire période. Tout à l'heure encore à la radio (15:30).
vendredi 12 septembre 2008
Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. Memento mori. M
Sur le bord du lit et adossé au mur couleur nicotine. Elle gît là. Le drap rejeté sur les hanches laisse voir ses épaules, ses seins, son ventre et un peu de son pubis. Sa peau blanche contraste avec la noirceur de ses cheveux longs. Elle fume une Winston for winners les yeux clos et respire doucement et dans un nuage de fumée et me demande à quoi je pense. À rien. Je me demande ce qu’il restera, une fois que nous ne serons séparés. À rien, rien de particulier. Elle entrouvre les yeux, s’appuie d’une main soulève un peu la tête et vérifie sur mon visage l’affirmation, elle insiste un peu. Comment ça, rien ? Il restera quoi ? Un souvenir diffus, des instants fugaces. Je ferai des amalgames et mélangerai les situations et les lieux. J’oublierai. Je reconstruirai. À la toute fin, rien. Ne pas faire confiance à sa mémoire. Je me demande juste si je veux du café. Tu veux un café ? Elle acquiesce et recouvre son corps nu. Elle veut bien. Je m’exécute et fais du café. Avec la cafetière italienne en acier. Avec une certaine mélancolie. Des rognures d’ongles sont crachées dans le bac de l’évier et j’attends que l’eau chauffe, circule dans la machine, s’imprègne du café moulu avant de remplir le récipient chromé. Qu’est-ce que tu fais ? Dit-elle. Je refuse d’avouer que je comptais les faïences autour du bac de l’évier. J’arrive. Non ; je m’en vais, ou je m’en va, les deux se dit. Ou se disent. Comme l’affirmait le grammairien sur son lit de mort. Et verse le café dans les deux tasses.
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