dimanche 14 février 2010

D'une certaine façon, j'assiste au retour de Mathide.

vendredi 18 décembre 2009

La neige dans la rue
blanche, froide dans laquelle
le chat roule et joue.

dimanche 18 octobre 2009


L’instant perpendiculaire, la station debout et toi allongée dans le lit. Toi nue dans le lit avec ton corps recouvert par la couverture et moi très habillé avec les chaussures lacées et presque je suis parti déjà. Je t’embrasse. Je caresse ton visage, ma main sur ta tête, ta joue, je te respire ; tu sens la nuit, le calme du sommeil. Tu sens bon. Je m’éloigne et tu demandes de t’embrasser encore. Si je veux bien, moi debout dans la pièce avec mes chaussures, t’embrasser encore. Je t’aime vraiment bien, dis-tu.

Photo : Fred Muram - Kissing the Ceiling - Tamar and Noah (2008)

jeudi 17 septembre 2009

Le mal dedans la tête.
Est-une putain de bonne question.

vendredi 24 avril 2009


© April - New Math by Craig Damrauer



mardi 14 avril 2009

Le capital, ce produit du travail de l’espèce humaine, accumulé entre les mains de quelques-uns, il fuit – nous dit-on –, l’agriculture et l’industrie, faute de sécurité.

Mais où donc va-t-il se nicher, lorsqu’il sort des coffres-forts ?

Parbleu ! Il y a des placements plus avantageux ! Il ira meubler les harems du Sultan ; il ira alimenter les guerres, soutenir le Russe contre le Turc, et, en même temps, le Turc contre le Russe.

Ou bien encore, il ira un jour fonder une société d’actionnaires, non pas pour produire quoi que ce soit, mais simplement pour amener dans deux ans une faillite scandaleuse, dès que les gros bonnets fondateurs se seront retirés en emportant les millions que représentent ‘le bénéfice de l’idée’.

Ou bien, ce capital ira construire des chemins de fer inutiles, au Gothard, au Japon, au Sahara s’il le faut – pourvu que les Rothschild fondateurs, l’ingénieur en chef et l’entrepreneur y gagnent quelques millions.

Mais surtout, le capital se lancera dans l’agiotage : le jeu en grand à la Bourse. Le capitaliste spéculera sur la hausse factice des prix du blé ou du coton ; il spéculera sur la politique, sur la hausse qui se produira à la suite de tel bruit de réforme ou de telle note diplomatique ; et souvent ce seront – cela se voit tous les jours – les agents même du gouvernement qui tremperont dans ces spéculations.

L’agiotage tuant l’industrie, c’est cela qu’ils appellent la gérance intelligente des affaires ! C’est pour cela que nous devons – disent-ils – les entretenir !



Piotr Alekseïevitch Kropotkine, Paroles d’un révolté.

lundi 23 mars 2009

This is no time for Schopenhauer. This is important.

samedi 7 février 2009

Dans la fenêtre ; la neige. Ne cogne pas. Ne frappe pas.
Mais.
Virevolte. Tourbillonne.
Puis.
Se dépose et disparaît sur la vitre de la tabatière.

dimanche 4 janvier 2009

L’Ukraine est familière et aimable ; dit-elle.

La température ce matin à l’angle de deux rues parisiennes était de -02°C

et la marche un peu plus tard mais nocturne seule tout à fait.

À Lvov la température est d’environ -07°C. Peut-être les rues sont blanches.

jeudi 18 décembre 2008

De Cork (Victoria road) à Puerto del Carmen (Gardafia) sont environ 4130 kilomètres et une vie nouvelle.

Rouge, dit-il.

Oui-da.

De Puerto del Carmen (Gardafia) à Civitavecchia sont un transit par Madrid et Barcelone.

La couleur, il ne la dit pas.

Il dit

Estoy buscando una puerta.

samedi 13 décembre 2008

Tu seras aimé le jour où tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force. Dit Cesare Pavese.

(08:03) Le démarrage. Rue encombrée et le froid. Le jour est bleu et la lumière froide. La première cigarette écrasée devant le kiosque à journaux. Nous faisons la queue. Le Figaro, le Monde, Libération, la Croix, Actualités Juives, le Point, le Nouvel Obs etc. je regarde chacun des acheteurs ne me trouve aucune ressemblance. Même celui qui achète Libération je ne. Je choisis mon exemplaire dans la pile ; le troisième. Je paie. Je regarde le journal. La Grèce à la Une, tout feu tout flamme et désespérée. Je quitte le kiosque et déboule sur le quai de la station. À peine le temps d’effeuiller le journal qu’il faut déjà monter dans la rame en gare. Quelques stations plus tard et le froid est plus vif, brumeux. Le quotidien dans la manche gauche de la veste en cuir dont les boutons encore une fois se décousent – cette veste, les boutons de, cela devient une habitude depuis quelques hivers, recoudre les boutons – et filer vers le centre commercial qui est le seul lieu où boire un café. C’est ton anniversaire aujourd’hui, le café, il est offert. Tu as quel âge maintenant ? Vingt et un ou trente et un ? Moi j’ai trente-cinq et etc. Il fait plus vieux que son âge et moi je ne sais pas. Le café offert est apprécié mais (08:57) il me faut me dépêcher un peu. Sur le reste du chemin je zigzague entre des pigeons morts et des œufs blancs explosés sur le bitume noir. Les œufs cassés sur la chaussée, ici, va savoir, c’est un peu le sport local. C’est con, très, et ça cadre avec les lieux.

mercredi 10 décembre 2008

De Cork (Victoria road) à Puerto del Carmen (Gardafia) sont environ 4130 kilomètres et une vie nouvelle.

Rouge, dit-il.

Oui-da.

samedi 29 novembre 2008

On a une confiance illimitée en la vie. Tant qu'on ne tombe pas gravement malade, on croit que cela n'arrivera pas. Qu'on ne tombera pas malade. Qu'on ne mourra pas. Plus exactement, tout en sachant que cela forcément arrivera, on ne peut pas se projeter dans cette certitude. On ignore, avec une facilité déconcertante, la certitude de la mort.
La maladie de A. te renvoie à ce que tu pourrais devenir si le temps continuait sur toi à faire son œuvre. La maladie de A. est une image possible bien qu'exacerbée de la vieillesse, plus exactement de la tienne.
Tu n'aimes pas voir les malades de A.
tu n'aimes pas les voir marcher
les voir trébucher
les voir balbutier
les voir baver
les voir mâcher ou s'asseoir ou se tenir ou s'évertuer
parce qu'à travers eux c'est toi que tu vois
c'est toi que tu vois décliner
et mourir.

Olivia Rosenthal, On n'est pas là pour disparaître, p.80-81. Éditions Verticales, ISBN 978.2.07.078531.5 16,50 €

Je remarque non sans une certaine déception que les livres des éditions Verticales ne sont labellisés Imprim'vert mais constate à la lecture de ces pages comme des précédentes ou des suivantes que je suis un lecteur heureux.

Pourtant

Je croyais que tu ne voulais pas ce
Oui

Le jour était gris et lent et difficile dans les recoins mais



vendredi 7 novembre 2008

mercredi 5 novembre 2008

L’instant perpendiculaire, la station debout et toi allongée dans le lit. Toi nue dans le lit avec ton corps recouvert par la couverture et moi très habillé avec les chaussures lacées et presque je suis parti déjà. Je t’embrasse. Je caresse ton visage, ma main sur ta tête, ta joue, je te respire ; tu sens la nuit, le calme du sommeil. Tu sens bon. Je m’éloigne et tu demandes de t’embrasser encore. Si je veux bien, moi debout dans la pièce avec mes chaussures, t’embrasser encore. Je t’aime vraiment bien, dis-tu.

mardi 14 octobre 2008

Hippo :
Alors quoi de neuf ?
L'Homme de l'Huma :
Le patronat exploite les salariés,
le capital produit de la plus-value,
et le prolétariat se paupérise...
Rien de neuf...
Eric Rochant, Un monde sans pitié

lundi 29 septembre 2008

Une ambiance du tonnerre.

mardi 23 septembre 2008

Synapse contre synapse et activité neuronale en berne et impulsions électriques alternatives. Réaction mécanique. Révolution inefficace. Tour complet, retour point de départ. Sans éclipse. Ni aube, ni crépuscule. Impulsion stoppée nette. Uppercut, coup droit dans les cotes flottantes. Coup dans les reins. Garde baissée. Collision sur l’arcade gauche et la vue s’englue, se brouille. Reculer. Au bord du ring les coudes serrés contre les flancs. La tête embusquée dans les poings, compter les secondes. Tenir. Dix secondes et la cloche. Ne pas mettre un genou. Cinq secondes encore sous. Les jambes fléchissent. Œil mi-clos. Tuméfié. Gonflé. Arcade explosée. Cloche. Assis dans le coin. Souffler. Cracher. Du sang. Se rincer. Le goût amer. Salé. Sang. Sueur. Mordre le protège-dents et. Cloche. Pousser vers le milieu du ring et regard assassin de l’adversaire. Coups. Tête contre tête, sueurs et dans les reins. Embrassade violente. Séparation. Recul. Reprendre du souffle. Le jeu de jambes. Garder le rythme. Tourner, chercher une ouverture. Tourner. Encore. Ne pas. Ne pas mettre genou à terre. Tourner. Tenter. Esquiver. Avancer. Ne pas rester à portée de. Reculer. Trembler dans les gants. Ne pas perdre aux points. Aux poings. Durer. Encaisser. Gauche contre mâchoire droite, tremblements temporaux. Plexus solaire contre le poing droit. Se couvrir. Parer le nouvel uppercut, épaules rentrées. Coups sur la tête. Cervicales malmenées. Douleurs. Se relever. Regards. Hésitation fatale. Cloche.