Sur le bord du lit et adossé au mur couleur nicotine. Elle gît là. Le drap rejeté sur les hanches laisse voir ses épaules, ses seins, son ventre et un peu de son pubis. Sa peau blanche contraste avec la noirceur de ses cheveux longs. Elle fume une Winston for winners les yeux clos et respire doucement et dans un nuage de fumée et me demande à quoi je pense. À rien. Je me demande ce qu’il restera, une fois que nous ne serons séparés. À rien, rien de particulier. Elle entrouvre les yeux, s’appuie d’une main soulève un peu la tête et vérifie sur mon visage l’affirmation, elle insiste un peu. Comment ça, rien ? Il restera quoi ? Un souvenir diffus, des instants fugaces. Je ferai des amalgames et mélangerai les situations et les lieux. J’oublierai. Je reconstruirai. À la toute fin, rien. Ne pas faire confiance à sa mémoire. Je me demande juste si je veux du café. Tu veux un café ? Elle acquiesce et recouvre son corps nu. Elle veut bien. Je m’exécute et fais du café. Avec la cafetière italienne en acier. Avec une certaine mélancolie. Des rognures d’ongles sont crachées dans le bac de l’évier et j’attends que l’eau chauffe, circule dans la machine, s’imprègne du café moulu avant de remplir le récipient chromé. Qu’est-ce que tu fais ? Dit-elle. Je refuse d’avouer que je comptais les faïences autour du bac de l’évier. J’arrive. Non ; je m’en vais, ou je m’en va, les deux se dit. Ou se disent. Comme l’affirmait le grammairien sur son lit de mort. Et verse le café dans les deux tasses.
vendredi 12 septembre 2008
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